Le chalet derrière la dune par Anne STIEN

Le chalet derrière la dune (2 pages).
Nouvelle à chute, style policier, héros tordu, ni moral, ni immoral. En ce moment toutes les histoires d’Anne convergent sur des personnages amoraux. N’allez surtout pas chercher du social ou de la psychologie dans l’affaire ! C’est quoi alors ? Une histoire. Qui n’a pas de morale.
LE CHALET2015

12 pensées sur “Le chalet derrière la dune par Anne STIEN”

  1. La forme est puissante. L’incertitude et le dédoublement fonctionnent. C’est un délire comme Anne Stien sait s’y soumettre. Continue, Anne !
    JPierre Treille

  2. Merci pour ton com. En fait on a le choix de penser que le frère jumeau existe bien ou que c’est un dédoublement de la personnalité du personnage principal. Le flou est constant dans sa tête. Il ne se rappelle pas la scène du crime et l’inculpation sur son jumeau tombe à pic avec un ADN revisité et reconnu. Pourtant la porte battante du chalet lui parle de Clara vivante.
    Par ailleurs, tu te fais trop rare sur ce blog. L’absence de tes textes se fait cruellement sentir. Donne-nous encore le plaisir de te lire.
    Merci pour ton soutien.

  3. C’est toujours un plaisir de lire les phrases enlevées, précises et concises d’ Annette…Une histoire menée comme un court métrage noir…Une chute en forme de double aveu…Une incertitude contenue : Parfois être innocent est pire que de se sentir coupable et la douleur de l’absence plus acérée que la lame d’un couteau.
    Merci Annette de ce moment de doute et de mots tus, maux dits…

  4. Ton histoire tourne autour du fantastique sans le nommer, avec cet homme sans nom
    * qui ne se souvient plus s’il a donné la mort mais ne l’exclue pas.
    * Qui subitement apprend que le coup aurait été commis par son frère jumeau, Australien (ce ne serait pas à côté, mais d’où ?) et sans mobile.
    Cet homme
    * Qui écrit à la disparue des lettres
    * qui s’envolent au vent et
    * qui l’entend toquer à la porte :
    « Je compte les coups de boutoir. Il y en a cinq d’affilée. Puis un temps mort. J’écoute attentivement le bruit jusqu’à ce que la réponse s’impose à moi en cinq lettres : CLARA. »
    Euh, ce n’est pas le temps qui est mort, mais la disparue, sa visite fait penser aux séances de spiritisme. Monique

  5. Cinq coups de boutoir et c’est la voix de clara … et ce frère jumeau coupable, on est en plein suspense qui nous tient en haleine, ça commence bien comme un bon roman policier. Heureusement que notre pauvre amant délaissé a un alibi !

  6. Monique,
    Le frère jumeau est peut-être son double virtuel dans le cas,d’un dédoublement de la personnalité. Alors l’alibi oui, pourquoi pas, en tout cas, lui-même y croit. Reste à savoir ce qu’en a dit son médecin tenu au secret professionnel. Je me garde bien d’en faire état. En réalité, le frère jumeau est une vue de son esprit malade. Il s’agit de lui et de lui seul.
    je modifie la fin en conséquence.

  7. Non je cultive le flou et l’ambiguïté. Sans nommer la schizophrénie, le double déguisé en frère jumeau australien
    ou non, la pensée en tant que lui-même et l’autre, le coupable, brouilleront les pistes. L’inculpation sera ou ne sera pas effective car l’imagination délirante du personnage dresse le scénario du crime alors que Clara est partie en mode destination inconnue. Ainsi on hésitera entre les deux alternatives.

  8. je viens d’entrer dans cette lecture un peu tardivement, que de réactions des contributeurs !
    à bientôt quand j’aurais visité tout le chalet. Amicalement

  9. Chers lecteurs et contributeurs,
    En voulant modifier quelques mots, j’ai perdu le fichier initial.
    J’ai donc réécrit la version présente. Tout a changé, sauf les deux amants…Voici le texte !

    « LE CHALET DERRIERE LA DUNE

    Je crie son nom. Seul le vent me répond. La mer gronde et sa plainte monotone noie ma douleur.

    Elle pleure pour un rien. Elle me rend fou. Elle me dit que c’est à cause de moi. Je lui fais peur. Pieds et poings liés, Je la veux pour moi seul, dépendante, sans amis, sans famille. Elle sait qu’elle m’appartient corps et âme. Je n’y peux rien. J’entends ses cris et je subis son regard. Arrêt sur image. Le trou noir. Je ne sais pas, je ne sais plus.

    Elle me manque. Je l’aime à pleurer. En mon for intérieur, je sais que je la fais souffrir. Mais voilà, j’ai horreur du bonheur, de la joie de vivre, de l’amour tranquille. A force d’espérer son retour, je n’y crois plus. Elle n’est pas assise à l’endroit qu’elle préfère, en haut de la dune, parmi les herbes sauvages. C’est toujours là qu’elle m’attend après que nos orages se soient dissipés. Et toujours ce vent qui emporte tout sur son passage. J’ai du sable plein les yeux et mes larmes ont un goût de sel.

    Ils l’ont retrouvée morte dans la forêt qui longe l’autoroute. Les arbres sont centenaires. Ils penchent tous du même côté. A cause du vent du nord. On s’y promène les jours de printemps. Elle aimait faire son jogging dans le bois. Elle partait courir seule malgré mes mises en garde. J’ai horreur du sport. Je préfère contempler la mer et le liseré argent des vagues sur le sable humide. Le doute me ronge. Bizarre, je ne me souviens de rien. Il parait que mon ADN m’a innocenté. Je ne l’ai pas tuée. Mais elle est morte. Je suis orphelin de son amour. Tout me parle d’elle en silence. Les feuilles des arbres frémissant dans l’air, la course des nuages dans le ciel orageux, le grincement de la barrière en bois, le craquement des poutres du chalet, le sifflement de la bouilloire, son parfum favori, ses vêtements immobiles pendus dans l’armoire, le vieil oreiller tout bosselé posé sur le lit. Je ferme les yeux. Je voudrais m’endormir près d’elle.

    Au fond de moi, le sentiment d’avoir tout gâché reste présent à la lisière du bien et du mal. Elle a payé le prix fort. Parfois mes bras embrassent le vide. Elle est près de moi. Je le sens. Mais cette impression est fugitive. Rien ne me consolera. La plage abandonnée m’appelle. Je marche pendant des heures, l’esprit aussi vide que la coquille d’une huitre. Et lorsque ma clé tourne dans la serrure, je prends une grande inspiration et je la cherche des yeux. Seul le vent me répond en faisant claquer la porte branlante du chalet derrière la dune. »

    Anne Stien

  10. Comme dirait Monique, il s’agit d’une « pochade d’amour » sauf que le vent qui souffle est le vent du nord et non le mistral et que les vagues de la mer du nord grondent sourdement sur les longues plages désertes. Ainsi les personnages ont un destin, ils disparaissent parfois pour revenir différents mais l’auteur les a retrouvés et c’est l’essentiel …
    amitiés
    Anne

  11. J’avais perdu mon fichier. J’ai donc réécrit l’histoire sous un autre jour.
    A vous de me dire si cette version sous un autre angle a votre préférence.
    Merci

    LE CHALET DERRIERE LA DUNE

    Je crie son nom. Seul le vent me répond. La mer gronde et sa plainte monotone noie ma douleur.

    Elle pleure pour un rien. Elle me rend fou. Elle me dit que c’est à cause de moi. Je lui fais peur. Pieds et poings liés, Je la veux pour moi seul, dépendante, sans amis, sans famille. Elle sait qu’elle m’appartient corps et âme. Je n’y peux rien. J’entends ses cris et je subis son regard. Arrêt sur image. Le trou noir. Je ne sais pas, je ne sais plus.

    Elle me manque. Je l’aime à pleurer. En mon for intérieur, je sais que je la fais souffrir. Mais voilà, j’ai horreur du bonheur, de la joie de vivre, de l’amour tranquille. A force d’espérer son retour, je n’y crois plus. Elle n’est pas assise à l’endroit qu’elle préfère, en haut de la dune, parmi les herbes sauvages. C’est toujours là qu’elle m’attend après que nos orages se soient dissipés. Et toujours ce vent qui emporte tout sur son passage. J’ai du sable plein les yeux et mes larmes ont un goût de sel.

    ils l’ont retrouvée morte dans la forêt qui longe l’autoroute. Les arbres sont centenaires. Ils penchent tous du même côté. A cause du vent du nord. On s’y promène les jours de printemps. Elle aimait faire son jogging dans le bois. Elle partait courir seule malgré mes mises en garde. J’ai horreur du sport. Je préfère contempler la mer et le liseré argent des vagues sur le sable humide.

    Le doute me ronge. Bizarre, je ne me souviens de rien. Il parait que mon ADN m’a innocenté. Je ne l’ai pas tuée. Mais elle est morte. Je suis orphelin de son amour. Tout me parle d’elle en silence. Les feuilles des arbres frémissant dans l’air, la course des nuages dans le ciel orageux, le grincement de la barrière en bois, le craquement des poutres du chalet, le sifflement de la bouilloire, son parfum favori, ses vêtements immobiles pendus dans l’armoire, le vieil oreiller tout bosselé posé sur le lit. Je ferme les yeux. Je voudrais m’endormir près d’elle.

    Au fond de moi, le sentiment d’avoir tout gâché reste présent à la lisière du bien et du mal. Elle a payé le prix fort. Parfois mes bras embrassent le vide. Elle est près de moi. Je le sens. Mais cette impression est fugitive. Rien ne me consolera. La plage abandonnée m’appelle. Je marche pendant des heures, l’esprit aussi vide que la coquille d’une huitre. Et lorsque ma clé tourne dans la serrure, je prends une grande inspiration et je la cherche des yeux. Seul le vent me répond en faisant claquer la porte branlante du chalet derrière la dune.

    Merci

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