10 pensées sur “D’AILLEURS : « Je ne suis plus Charlie »”

  1. Bonjour D’ailleurs. Toujours le plaisir de vous lire ici et ailleurs…
    Je comprends d’autant plus votre réaction que je la partage bien que j’ai été horrifiée par ce crime contre la liberté d’expression. Le slogan fait le tour du monde. C’est un beau coup médiatique. J’ai fait le rapprochement entre le 11 Septembre et le 11 Janvier car on n’a pas fait tant de bruit lors de l’attentat des twin towers. Mais en dépit de l’indécence des médias, si cela peut aider les peuples à se comprendre et à ne pas s’entretuer, je suis aussi Charlie. Sans conviction avec un regard désabusé sur l’information et l’influence qu’elle peut exercer. D’autre part le talent des dessinateurs géniaux n’est pas en question même si leur provocation tous azimut nous déridait sans modération.
    Bien émouvant fut le rassemblement récupéré ou non par les différents partis politiques.
    La liberté c’est aussi la laïcité, le respect des lois ainsi que la fraternité et l’égalité, notre devise nationale.
    Allons z’enfants…
    amitiés
    Anne Stien

  2. Bonjour D’ailleurs,
    Je viens de lire ton billet d’humeur  » je ne suis plus Charlie ». Et je ne suis pas du tout d’accord.
    Il me semble que tu déplaces le problème. Ton avis sur le contenu et sur l’évolution d’un hebdomadaire qui ne te correspond plus, est tout à fait respectable et je peux le comprendre.
    Mais ce qui a provoqué la colère du peuple, c’est que les journalistes de Charlie en sont morts, et qu’on n’a pas le droit de tuer pour avoir écrit ou dessiner. C’est aussi simple que cela ! La liberté de la presse, on n’y touche pas. Et pour une fois le peuple a voulu s’exprimer directement, sans passer par les urnes.
    Des chefs d’états qui se retrouvent pour dire qu’ils ne sont pas d’accord, c’est plutôt encourageant, même si on ne leur donne pas  » l’bon dieu sans confession » ….
    Bref, voilà mon billet d’humeur, il fallait que je t’en fasse part.
    Je suis Charlie.
    Bien amicalement
    Catherine Faye

  3. Personnellement je ne suis pas toujours d’accord avec Charlie-hebdo ; je pense en effet qu’il y a une responsabilité dans la caricature, même si, pour bien fonctionner, elle doit le faire dans l’excès. On peut tuer par la parole et on peut aussi tuer par la caricature. Mais personnellement je suis Charlie, car, à travers ce qui s’est passé, se profile un poison pour la civilisation, comparable au nazisme : l’homme est atteint au coeur de lui-même et le dieu qui est invoqué n’est qu’une idole sanguinaire du Dieu des croyants, un Contre-Dieu. Même si l’on n’est pas croyant, les Dieux qui se présentent comme des contre-Dieu, comme des inversions de Dieu, sont toujours dangereux pour l’homme. Ils justifient une toute-puissance destructrice de l’homme. Le poison qui vient de s’exprimer, nous devons à tout prix le dénoncer.

  4. Bonjour Catherine et merci de votre réponse,
    Si j’ai pris soin d’écrire «Je ne suis plus Charlie», c’est que l’éventualité qu’il ne s’agisse que de la conséquence d’un vieillissement prématuré de mes neurones s’est posé en arbitre de cette triste réflexion. J’ai bien entendu « la colère du peuple » et ne peux que me réjouir de la condamnation unanime qui a prévalu à ce rassemblement sans précédent. Bien sûr la liberté d’expression mérite que nous en soyons tous les défenseurs et les garants, bien sur confisquer la vie d’hommes et de femmes sur des croyances est toujours une aberration; mais que restera t-il d’ici quelques jours, quelques semaines tout au plus, de la marche silencieuse de certains chefs d’état qui par diplomatie ou intérêt sont venus clamer leur désapprobation alors que tout dans leur commandement les rapproche davantage des meurtriers que des victimes? Cabu, Wolinski, Charb, Honoré, Tignous et les autres ne sont pas morts pour rien mais auraient-il souscrit à ce deuil national et à ses conséquences directes? Auraient il apprécié de concourir à augmenter significativement la côte de popularité d’un président en décomposition? Auraient ils cautionné la spéculation sur les 5 millions d’exemplaires vendus alors qu’ils galéraient à en diffuser 30 000 ? Auront-ils enfin entendu et apprécié le glas sur le parvis de Notre Dame ?
    Je voudrais bien croire que cette merveilleuse cohésion Black, Blanc Beur à l’instar de celle plus joyeuse créée par d’autres évènements ne se fissurera pas demain… Si la France abritait 5 millions de Charlie, il y a fort à parier qu’elle serait différente… Amicalement,

  5. La prise de conscience de 5 millions de personnes dont beaucoup n’ont jamais lu Charlie, voilà qui me rend optimiste sur l’homme et sur notre pays.
    Quant à moi, je pense que Cabu et les autres n’ont rien vu et rien entendu. Le respect des morts et de leurs convictions, oui, bien sûr, mais qu’en savons-nous de leurs pensées ? Arrêtons de penser à leur place ; et pourquoi ne pas laisser les vivants agir selon leur conscience ? Je sais, par des discussions en famille , avec des jeunes plutôt « a-politique », désabusés (alors qu’ils n’ont pas 20 ans), que ces quelques jours les ont beaucoup fait réfléchir et qu’ils ne verront plus le monde de la même façon.
    Oui le quotidien va revenir avec ses déceptions, oui la politique va de nouveau nous assommer ! Mais laissez-nous rêver un peu et espérer en l’humain.
    Amicalement
    Catherine Faye

  6. La confrontation nous aide à affiner nos analyses en confrontant notre point de vue à d’autres.
    Voici celui de la revue SILENCE qui comptait parmi ses collaborateurs et amis des membres du comité de rédaction de Charlie. Malheureusement ne paraîtra qu’en février (mensuel oblige).

    Nous sommes Charlie

    Mercredi 7 janvier 2015, midi, au moment de la clôture de ce numéro, nous apprenons le carnage qui vient d’avoir lieu dans les locaux de Charlie-Hebdo. Comme beaucoup, abasourdis et angoissés, nous avons suivi les infos sur internet. Nous pensons rapidement à Fabrice Nicolino, collaborateur de Silence, qui depuis quelques années anime la rubrique Ecologie de Charlie-Hebdo. Nous apprenons dans l’après-midi qu’il fait partie des quatre blessés graves. Le soir nous sommes au milieu du rassemblement où deux tentatives de Marseillaise sont heureusement couvertes par les cris de « Charlie » et de « Liberté ». Jeudi matin, nous apprenons que le pronostic vital de Fabrice n’est plus engagé (pour parler médecin). On ne se sent guère mieux pour autant. Dans le numéro précédent, nous avions publié un dessin de Tignous en hommage à Rémi Fraisse. Et maintenant c’est le dessinateur qui est mort. Comme Cabu, Charb, Wolinski, Honoré… Comment peut-on en arriver à de telles horreurs ?
    La confrontation des points de vue permet à chacun d’évoluer.
    Voici le communiqué qui paraîtra dans la revue « Silence », malheureusement pas avant février, c’est un mensuel.

    Nous tenons ici à présenter toute notre empathie aux victimes, aux familles des victimes et à tous les collaborateurs de Charlie-Hebdo.

    Nous ne pouvons que soutenir les initiatives en faveur de la liberté de la presse et au droit à l’impertinence et au rire. Par contre, comme ceux qui ont interrompu les « Marseillaise », nous ne nous reconnaissons pas dans les discours qui voient là une atteinte à l’intégrité de la France. Car cela serait écarter trop rapidement le rôle colonial actuel de notre pays. La violence naît de la souffrance et nous vous invitons à relire le dossier de notre numéro 422 (avril 2014), « décolonisons nos luttes ».

    Tous les mois, S!lence,
    la revue exploratrice d’alternatives
    http://www.revuesilence.net

    Monique DOUILLET

  7. Je n’ajoute rien aux précédents commentaires, ils ont assez de force et tant d’avis ont été développés sur tous les tons que j’en suis encore à réfléchir sur la lumière que je peux porter à cette déplorable affaire.

  8. Moi je trouve que D’ailleurs est bien d’ici, je veux parler de mon pays à moi, celui de l’insatiable curiosité et de l’infatigable vigilance intellectuelle.
    Vous savez ce qui me fait le plus peur ? : C’est que certains se mettent « soudainement » à réfléchir. Et là, on ne peut présager autre chose qu’un sacré merdier particulièrement inflammable. L’intelligence cognitive de la foule n’est-elle pas affaire de statistique et du pouvoir de ces « certains » ?
    Voyez comme je suis … « optimiste ». La bulle des bulles ne sera historique que si d’autres se donnent enfin la peine de se bouger le cul.
    Mes amitiés à D’ailleurs.
    JPierre Treille

  9. je te trouve bien amère D’AILLEURS, tu vieillis ? ou tu deviens DON QUICHOTTE ? On ne peut pas tout résoudre par la violence.
    Gardons notre liberté sans déranger celle des autres ni mettre de l’huile sur le feu.
    Tous les attentats sont cruels et inutiles, certes, mais d’un bourricot on ne fait pas un cheval de course.
    Je suis Charlie, oui, cependant pas pour la provocation. Je suis avant tout française et républicaine démocrate. JE TAIME D’AILLEURS, reste comme tu es, mais ne joue pas les DON QUICHOTTE !

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