ABIMES par Anne STIEN-COURSET

Dès mon entrée dans l’appartement, je sentis que quelque chose n’allait pas. Une odeur indéfinissable m’emplit les narines…
Entre réel et imaginaire. Anne aime le mélange des genres.
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4 pensées sur “ABIMES par Anne STIEN-COURSET”

  1. Bonjour,
    Je viens ici commenter cette nouvelle en amont. Le monde des agents secrets est fascinant. Les codes, les messages incompréhensibles pour le commun des mortels, les fonctions apparentes, vraies/fausses identités, bref tout le saint-frusquin planant au-dessus de nos têtes. Pourtant les agents ont une vie intime. Du moins ils essaient d’en avoir une. «Abîmes» est un texte très travaillé. Ce dernier semble facile. Mais il a fallu imaginer ce que sera sans doute l’existence précaire des agents dans quelques décennies. La robotique sera installée partout; La communication aura ses lettres de noblesse sans pour autant améliorer les échanges et rapports humains. Dans mon texte, il y aura rupture de la manière la plus technologique qui soit. Pourtant l’émotion est présente mais peu exprimée. L’héroïne avance vers son destin inéluctable sans se douter de la traîtrise de ses mentors.
    Je me souviens d’une session d’Anglais où je me suis trouvée mêlée à quelques agents. Sans le savoir bien sûr… Seule l’intuition et quelques sous-entendus ont éclairé ma lanterne. Affirmatif ! J’ai remarqué que ces personnes très secrètes échangeaient volontiers leurs « tuyaux » et racontaient quelques anecdotes amusantes.
    Ah Sean Connery, inoubliable James,isn’t it ?

  2. Cette présentation en amont manquait en effet. Je n’avais pas du tout fait cette interprétation. J’y ai perçu un amalgame entre le vrai vécu du constat d’un départ — partie de texte qui trahit l’émotion — et cette histoire d’agents secrets presque télégraphique avec une chute un peu rapide. Mais qui détient la vérité ? L’auteur ou le lecteur ? Les deux, n’est-ce pas !
    Je me dois d’avouer aussi que je n’ai jamais croisé d’agents secrets… ou ils ne se sont pas présentés à moi 😉
    Monique

  3. Extrêmement précis et rapide, en effet. Ceci n’est pas à mon sens une nouvelle, mais une brève, comme on dit. Et cette brièveté en appelle à une suite. Voilà pour le genre. Ce qui me frappe, c’est cette confusion inextricable entre le privé et le public, ou plutôt : et le secret. Ça rejoint la question du secret intime entre deux êtres. Autrement dit, le cadre de l’espionnage est habilement inséré dans un quotidien, se confond avec le problème du non-dit dans le couple. A tel point que le couple lui-même hésite entre professionnalisme et intimité. Comme tu le précises, la rupture est proprement technologique, comme si cette dernière devenait le dernier code de communication entre les êtres. C’est mieux qu’Orwell.
    J’ai presque envie d’y voir une sorte de délire de la narratrice qui voit sa relation de couple à travers le prisme du fantasme. Cela pourrait aller très loin dans la folie.
    JPierre Treille

  4. Jean-Pierre, merci pour cette analyse d’Abîmes.Vous avez saisi le coeur du texte, sa signification, sa froide émotion, l’univers crypté des protagonistes, qui n’ont d’autre alternative que d’obéir aux ordres au péril de leur vie. L’élimination d’un comparse est aussi pratiquée. En somme dans la vie courante, on y est presque avec nos tablettes et portables avec lesquels on ne cesse de communiquer par le biais de la technologie. La chaleur humaine a perdu son sens. On surveille l’échauffement de la machine … Nous devenons sans nous en rendre compte des robots froids et disciplinés. Justement mon héroïne n’y arrive pas. Elle ressent de l’amour mais ne peut l’exprimer. Et c’est pour cela tout compte fait qu’elle est éliminée.

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