MONSIEUR KINBARA par Monique DOUILLET

Marseille, le vendredi 13 juillet 2012

Erell a reçu un courrier de Shoko, son amie qui vient de repartir au Japon, à Kyoto, où elle est née. Celle qui a passé vingt ans en France, redécouvre son pays. Elle a adressé à Erell des extraits du récit de vie de monsieur Kimbara, le vieux voisin de ses parents, qu’elle traduit en français. (extrait du livre « Après le 11 mars » en cours d’écriture).
Pour lire, cliquez sur le PDF : Kimabara v2 27-09

3 pensées sur “MONSIEUR KINBARA par Monique DOUILLET”

  1. Que de sensibilité encore, de finesse, de subtilité dans la présentation de ces extraits des écrits de Monsieur Kimbara…Ce fils qui revient, ce père qui hésite à croire à ce retour inespéré, cette mère immobile, presque morte du chagrin muet qui la ronge…La dignité des personnages fait penser à celle des « naufragés » de Fukushima : Elle pourrait rejoindre sans doute notre notion occidentale de l’indifférence tant la pudeur est grande et l’amertume contenue …
    Le regard naïf de Monsieur Kimbara, séduit par l’idée que la France reste une référence dans des domaines aussi futiles que la mode, la gastronomie ou le champagne, étonné par le fait que nos priorités soient si différentes des siennes nous le rend attachant.Du haut de ses 97 ans, le vieil homme construit d’efforts, de rigueur et de sacrifices avoue timidement son engouement pour la frivolité de notre pays…Il nous rassurerait presque, en ces temps obscurs,d’induire que notre immaturité et notre inconsciente légèreté, sans faire de nous une grande nation,et malgré nos défaillances, font encore briller les yeux de tant d’autres…

  2. Ce Monsieur Kimbara me fascine, tellement il est empreint de vérité. C’est le Japon tout entier qu’il représente, avec son intériorité, sa sensibilité, sa fierté, ses souffrances, ses capacités technologiques. Mais son univers semble s’effondrer : à trop vouloir s’appuyer sur une certaine puissance technique, il finit par vieillir prématurément. Alors il se tourne vers la France qui cultive un certain équilibre, associant un grand savoir-faire technique au goût de la vie et du champagne. Il se dit que la France aussi a perdu son aura de grande nation si l’on en juge par sa faible dynamique économique, mais elle la retrouve en gardant le sens de l’humain et de la qualité de vie. Ainsi il croit discerner ce qui manque à son pays et devient amoureux de notre pays, qui semble conserver le secret d’une certaine jeunesse. Le Japon est déjà sorti d’un effondrement ; il pourrait peut-être, en regardant du côté de la France, se sortir de celui qui le menace actuellement. Puisse-t-il dire vrai !

  3. Au printemps dernier j’ai eu ce livre autobiographique à « remettre en français », après un travail de traduction littérale, c’était quasiment incompréhensible, mais passionnant quand le sens surgissait. Il va sortir en français. L’auteur s’appelle Kamine (et non Kimbara, je le préciserai en note). C’est un très beau témoignage.

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