PÉNÉLOPE, ou le célibat magnifique – Monique DOUILLET

Portrait (Librement inspiré de l’Odyssée) remanié en avril 2011.

Cela faisait longtemps qu’Ulysse l’avait quittée.
Pendant les douze premières années, Pénélope en avait eu des nouvelles
par les Aèdes qui chantaient, à l’occasion des festins, ses exploits et ses
douces captivités en compagnie de sirènes ensorceleuses et de nymphes aux
cheveux dorés, les aléas de son voyage de retour, différé par les tempêtes,
ses aventures tumultueuses… de Charybde en Scylla et de Circé en Calypso.
Puis, plus rien. Les oracles consultés se contredirent à plaisir. Les
rumeurs sur son trépas commençaient à rameuter une foule de prétendants
au trône vacant. Une bande de princes rustres et vaillants en fanfaronnades
faisait le siège du palais, vidant les amphores de vin de ses caves et
saignant ses bœufs gras. Pour lire cliquez sur le PDF :  PENELOPE

4 pensées sur “PÉNÉLOPE, ou le célibat magnifique – Monique DOUILLET”

  1. Je ne sais pas trop pourquoi j’ai aimé, car c’est un ensemble. Alors, j’ai surtout apprécié le fait que ce …conte mythologique ? prenne le parti de raconter ce que Homère ni ses continuateurs n’ont jamais narré. C’est le « off » de l’Odyssée, ce qui se passe à la maison d’Ithaque pendant que monsieur est au boulot, guerroyant, oui, mais s’octroyant aussi une courte pause de dix ans (!) aux bras potelés de la fascinante Calypso, avant de devenir le précurseur à la fois d’Alain Bombard et du Baron de Crac…

    Et on se rend compte que la vie d’épouse fidèle et éplorée n’est pas de tout repos, contrairement à ce qu’aurait pu penser un lecteur superficiel du vieil Homère.

    Tu aurais pu facilement tomber dans le texte féministe revendicatif, mais tu as su éviter ce grossier travers : le texte est certes « féministe », il prend radicalement le point de vue et le parti des femmes, mais ce n’est jamais pesant, ni donneur de leçon. Au contraire, tout homme normalement constitué ne peut qu’être admiratif de cette femme, digne mais lucide, dont la souplesse d’ondine sait contourner la masse minérale d’un monde fait par et pour les hommes. Tu décris son combat tout en douceur avec un humour tranquille et discret, un recul complice qui permet de s’attacher à Pénélope.
    Un personnage féminin mémorable, mais il y a aussi dans ce récit un autre protagoniste fort et attachant, c’est le discret et transparent Athéos. Qui est-il, ce mystérieux étranger ? Un sage secrètement amoureux de sa reine, ou un Dieu mandaté par l’Olympe ému par la solitude de la tisseuse ? Est-il Asclépios guérisseur ou Hermès trois fois mage ? Tu as l’intelligence de laisser le lecteur dans le doute, ainsi chacun peut se faire son opinion.
    En résumé : une très agréable fable dans la continuité d’Homère, subtilement racontée, avec ce qu’il faut de magie (mention spéciale à l' »électro », une idée réaliste-fantastique) et surtout de réflexion toute en finesse. »

  2. Je viens de lire ce texte. J’ai eu beaucoup de plaisir. L’écriture est magnifique, l’impression très belle. Comme Lester L. Core, je me suis intéressé à Atheos, ce personnage d’une luminosité profonde. Il semble être une des clefs essentielles de ce très beau texte. Image de la connivence et de la vérité dans un monde qui change et pourtant reste le même, il est le guide indispensable dans la solitude et, en même temps, le gardien de la solitude. Car la solitude est indispensable pour vivre avec l’autre, pour l’attendre, pour le retrouver, pour le laisser libre dans la relation. Atheos est présence et absence en même temps, aimant et détaché, clairvoyant et indulgent. C’est comme s’il refusait d’être Dieu pour l’être vraiment…

  3. Superlumineuse, variée, colorée en diable et… flashante, ta description de la fameuse « tapisserie » de Pénélope ! Décrits ainsi, je m’en serais souvenu de tous ces textes appris il y a si longtemps, lesquels m’apparaissaient d’une autre galaxie, d’un autre rapport temps/espace. Ah bon ! déjà à l’époque, elle n’était pas si nette, la relation ? Malgré absences, pouvoirs et égorgements ? Merci de nous mettre Ulysse après voyage et avant le prochain à portée de compréhension… mais bien sûr c’est de Pénélope qu’il s’agit et là tu fais fort. Elle est on ne peut plus palpable dans sa recherche d’être, toute en nuances discrètes, pertinentes et catalysées par ce personnage étrange si diaphane qu’il semble être son « âme ». « Non, je ne suis jamais seul avec… ma solitude ! » (d’un autre Grec. Bises.

  4. Bonjour,
    Nous sommes Audrey Rocher et Roland Devocelle, le duo d’artistes Atsara dont vous avez vu l’installation lumino-cinétique en 2009 à Lyon. Nous sommes très heureux que notre oeuvre vous ait inspiré ce texte, et nous avons beaucoup apprécié sa lecture.
    Le lien vers notre site internet, pour les lecteurs qui voudraient voir des vidéos : http://www.atsara.fr/mondes
    Merci !

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