MAIS COMMENT DONC ! Chantal BOCHARD

Aujourd’hui…

Le soleil n’est pas encore très haut que déjà il chauffe dur. Plein feu sur la terrasse. On dirait qu’il m’attendait au sortir de la maison. Mon bol à la main, comme d’habitude diraient les voisins avec l’accent des cigales, je m’installais à réfléchir assise sur le banc de pierre encore frais à cette heure matinale. La même interrogation se pose à moi à chacune de mes visites au sujet de ce village perdu dans la montagne Ardéchoise, tout seul abandonné à la nature. Un peu comme ces villes africaines posées en plein désert avec un barbelé imaginaire qui les ceinture et les protège de la vie sauvage.MAIS COMMENT DONC

HORIZON

L’horizon frissonne. Le ciel souligne sa courbe d’un jupon de dentelle rose. La mer se soulage des derniers soupirs de sa nuit, pose ses mains à plat sur le sable, agrippe d’un doigt quelques mollusques égarés qu’elle entraîne dans son mystère. Le ciel est passé de l’orange au pourpre.

Le bateau a franchi la nuit sous une pluie de lune. Il tourne le dos à l’horizon, le fait crépiter davantage, l’agace de sa présence, déchire l’ordre de sa ligne toujours tirée à quatre épingles. La « Thérèse » entame sa dernière danse sur le dos des vagues, se laisse traîner par un fil de vent invisible, un souffle d’aurore qui se déploie et se replie puis se déploie de nouveau, écarte du bateau ce bouillonnement d’écume et de crachins, lui trace une route vers le port….Horizon

LES DEUX MATRAS Hubert MARREL

Retour de La Colline, « boîte » à la mode du sud de Lyon, deux Matras Sport jaune vif stationnent juste devant la Maison des Jeunes. Une mini-
grappe de jeunes filles se ventouse à l’une des voitures comme sur les magazines. Les conducteurs, deux charmants minets, les ont ramenées de la Boîte pour les déposer sur leur lieu de ralliement… à elles. D’où cette vision insolite de deux voitures de sport « classe » au milieu des « chars » gros
calibres mais combien rafistolés des familiers de ces lieux….Les Deux MATRAS