EMMANUEL, conduite de changement Monique DOUILLET

Emmanuel, je te vois petit garçon, installé dans un coin de la salle à manger, bien à l’abri du soleil qui tape et du mistral qui fouette, à Beaucaire. Tu lis derrière les persiennes dans cette maison de vieux aux habitudes probablement maniaques. Entre ton oncle et ta tante qui te sert de maman. Tu es bien élevé, calme, il suffit de t’alimenter en livres de toutes sortes : Jules Verne, Edgar Poe, histoires de vampires, science fiction, romans de cape et d’épée, BD, tout t’intéresse. Tu ne sors guère…  cliquez sur le PDF : Emmanuel av 2011

ET PEUT-ÊTRE D’AUTRES CHOSES… Monique DOUILLET

Samedi 17 décembre
– Karima est en colère. Karim, son fils aîné est revenu la semaine
dernière. Il lui a présenté sa fille, Dalila, une magnifique poupée de
quatre ans ! Karima n’avait encore jamais vu la petite. Il a voulu
emprunter de l’argent à sa mère. C’est pour ça que tu viens, après une aussi longue absence ? Karim est parti voir ses copains en laissant Dalila à sa garde. La petite était dépitée.
Depuis qu’il est ici, il ne fait rien dans la maison, il laisse traîner ses
vêtements sales, il vide le frigo la nuit et peut-être d’autres choses…pense Karima.

Et peut être d’autres choses

MEURTRE D’UNE MILLIARDAIRE SUISSE JS VALDEZ

Critique  du 27 juin 2009 par JFP / in site Critiqueslibres.com  (5 étoiles).

« Clara chez les Helvètes »
Entre un amour tout neuf et des collègues suisses pas pressés (de découvrir la vérité) la capitaine Clara Wyler enquête sur le double meurtre d’une riche héritière d’une
holding internationale et de sa compagne un peu chtarbée. On voyage beaucoup, du Lubéron à la Suisse en passant par Jersey, pour suivre à la trace le destin pas commun
d’une jeune femme qui pensait « moraliser » le capitalisme tout en vivant largement en marge de la morale. Comprenne qui pourra, mais c’est quand même un excellent roman
policier, original et bien construit. On se laisse guider pas à pas avec un plaisir constant vers la solution de cette énigme policière, au travers du labyrinthe des activités
avouées et inavouées des sociétés internationales. Mine de rien, ce polar, qui mêle action et analyse psychologique, brosse un panorama très réaliste de la société
d’aujourd’hui (29 mars 2009). Une qualité d’écriture rare, se laisse déguster du début jusqu’à la fin. Vivement le prochain…

DE MA FENETRE : AH ! QUE LA VIE EST BELLE AU VILLAGE

Le couple :
Quatre fois par jour, dans ma rue, sous ma fenêtre, passe un couple nerveux, elle devant ; lui derrière marche dans ses pas. On dirait un tronçon détaché de la chenille qui interprète la danse des canards. Elle criaille, lui murmure. Elle est mince, sans âge, un cou long, des cheveux à la diable, un sac en bandoulière. Lui, toujours en marcel, coupe en brosse.

De ma fenêtre 9-09

Ô TEMPS SUSPENS TON VOL… Monique DOUILLET

Récit et monologue intérieur de l’architecte

1- Le jour de son arrivée, au matin, vers neuf heures, une fois passé le portail de fer forgé, l’architecte découvrit l’imposante bâtisse. De part et d’autre de la façade XVIII°siècle, des corps de bâtiment d’âges différents, XIIème, XIVème et XVIème siècle, avaient acquis une unité, grâce à la patine et au noircissement de la pierre. Le domaine était connu sous le nom de Prieuré ou Château des Casses…

– « Ô temps suspens ton vol ! » J’avais atteint l’âge idéal pour entreprendre, je me sentais investi de la considérable responsabilité de redonner son lustre à cet ensemble architectural. Le château avait dix siècles d’Histoire, moi 35 ans. L’âge idéal ? Le meilleur qu’il m’a été donné de vivre jusqu’ici…

BLOG CASSES

L’EVENEMENT Monique DOUILLET

On ne peut pas dire que l’affaire avait été tenue secrète. La prévision avait été furtivement annoncée sur France-inter sept ans avant l’événement. Depuis elle avait été reprise et commentée dans quelques cercles de spécialistes. Mais on l’avait classée au rayon des nombreuses annonces catastrophistes, aux côtés de l’assèchement de la nappe phréatique, du réchauffement de la terre, de la couche d’ozone, de la prolifération galopante des populations humaines et des cafards, du possible réveil des volcans, des craquements de la croûte terrestre et autres tsunami.
Tous les hommes n’étaient pas restés inertes face à la menace…

BLOG 17 L’événement

LE MARCHAND DE FROMAGES Monique DOUILLET

Le Cap d’Agde, juillet 1989
Nous nous promenons sur les quais, François et moi. Nous nous sommes connus le mois dernier. Par hasard, comme tout le monde. Un paysan de grande taille, chemisette à carreaux, bleu de travail, panier d’osier au bras et béret sur la tête, s’avance vers nous. Je le reconnais. Il me salue et s’adresse à François qu’il questionne.
– Comment va votre fils ? Vos aquarelles se vendent-elles ?
Dans son panier, sous une serviette blanche, il y a ses fromages de chèvre : des pélardons. Je lui en achète un rouleau de six. Il poursuit son chemin. Nous sommes l’un et l’autre surpris :
– Au moins une connaissance commune !
Personnellement, je lui ai acheté des fromages pendant plusieurs années à Béziers, il s’arrêtait à l’Office Culturel, à peu près deux fois par mois, c’était dans les années 80…

BLOG 16 FROMAGES

DÉSIRS TROUBLANTS Monique DOUILLET

Première époque
Difficile de dire s’il avait des yeux pour elle. Elle ne l’avait pas remarqué, nul ne lui en avait fait part. Le trajet en bus, deux fois par semaine, avait créé une petite complicité, celle du rendez-vous donné pour l’effectuer ensemble. Ordinairement il parlait de mathématiques ; elle, parlait de politique. Rien, à part ce trajet, ne les réunissait. Lui : sage, réservé, maigre, un peu flou, à peine sorti du lycée (depuis un an) regard caché derrière ses grandes lunettes.
Elle : mariée, une robe trop courte moulant un corps potelé, engagée dans une profession prenante, une vie tracée. Du bus, chez lui – pas loin – invitation à boire un café.
Ce texte est en cours de modification.
                                                            

LYONNAISE Monique DOUILLET

Septembre 2008, vingt heures. Je suis en ticheurt, il fait encore une chaleur de plein été. Au bout de la passerelle du collège, un escalier descend sur les berges du Rhône.
Des sièges de repos, style transatlantique, sont alignés le long des murs du quai. Les jeux d’enfants sont des sculptures. D’un côté, bois et cordages en forme de bateaux, de l’autre, un dispositif de transport d’eau, réalisé en inox satiné. Dès qu’on sort de l’aire de jeux, on se trouve sur le chemin de promenade. Après la traversée de la piste cyclable, on arrive près des pontons de péniches aménagées. Sur un des plus beaux navires, une société de construction fête son cinquantenaire. Un quarteron de cuisiniers en toques attend la foule immense des invités. Les salles à manger se trouvent au-dessus. Plus haut encore, sur le pont : les bars et un orchestre.
Je mesure l’opulence d’une ville qui ne sait plus qu’inventer pour satisfaire et retenir une
population avide de tout.BLOG 11 Lyonnaise

AUTOUR DE MON PERE Monique DOUILLET

Un jour d’août 1992, onze heures du matin, ma mère m’appelle au téléphone. Le garde champêtre vient de lui apporter un pli annonçant le décès de mon père. Je suis priée de venir la chercher à la campagne toutes affaires cessantes. « Nous serons à cet enterrement » dit-elle.
– Où et quand ?
Elle ne le sait pas encore, mais elle prépare ses bagages et m’attend dès le lendemain, l’enterrement n’aura pas lieu avant trois jours. D’ici là elle aura les renseignements. Voilà vingt ans qu’elle est abonnée au Progrès de Lyon et qu’elle surveille quotidiennement la chronique nécrologique pour ne pas rater l’annonce (elle paraîtra sûrement demain).

BLOG 10 MON PÈRE